Perou Voyage

Le Salkantay Trail : 4 jours de marche vers le Machu Picchu

Il existe plusieurs façons d’arriver au Machu Picchu, et l’une des plus pittoresques et emblématiques est le sentier du Salkantay : 4 à 5 jours de randonnée difficile qui vous feront monter et descendre de 1500 mètres jusqu’à 4600 mètres d’altitude à vous en faire saigner le nez. Le Salkantay Trail est l’un des deux seuls sentiers de l’Inca Cérémonial, l’autre étant évidemment le classique Inca Trail. Ce Trek légendaire a été choisi comme l’un des 25 meilleurs Treks au monde par le magazine National Geographic Adventure Travel, et s’avère un peu plus difficile que le chemin Inca (mais qui offre des vues encore plus superbes !).  Une randonnée facilement accessible à tous, sans restriction ni permis (du moins pour l’instant) à condition d’avoir un minimum de condition physique.

Le Salkantay est sûrement l’épreuve sportive la plus difficile que j’ai eu à réaliser dans ma vie (pour l’instant !). Mais si vous lisez cet article vous serez beaucoup plus conscients et mieux préparés pour «survivre au sentier Salktantay» que moi-même.

Qu’est ce que le Salkantay Trail ?

La distance de Salkantay Trek s’étend de 48 à 70 km (30-43 miles), répartis en conséquence sur 3-5 jours. Cependant, tous les jours ne sont pas égaux en distance parcourue : le premier jour est généralement plus court, environ 14 kilomètres, les jours plus longs pouvant aller de 24 à 30 kms de randonnée. Mais, pour ceux qui auraient un peu de mal il existe toujours des alternatives en cours de route comme le cheval, le bus ou le train.

La difficulté de Salkantay Trek est modérée à difficile, mais cela reste réalisable pour la plupart des personnes ayant de l’expérience en randonnée. Malgré une bonne condition physique, l’altitude, la longueur du trek chaque jour et les montées/descentes parfois difficiles augmentent la difficulté de cette randonnée.


PRéPARATION


Bon autant vous mettre dans le contexte directement : nous sommes des randonneurs du dimanche et pour ma part je n’ai jamais fait de camping de ma vie. On part donc avec un sacré handicap à la base. Et lors du meeting, la veille du départ, on s’est rendu compte qu’il manquait un nombre considérable d’affaires… nous étions préparés comme des touristes !

Tout d’abord, nous avons choisi de partir avec un organisme – Salkantay Trekking – et cela pour différentes raisons.

La première étant que nous voulions à tout prix faire ce Trek et que tout notre voyage tout entier était organisé autour de ce périple. Nous voulions donc être sûr de le faire en arrivant, même si il est possible de prendre un guide sur place. On aime être prévoyant, trop d’aventure c’est pas pour nous.

Comme je le disais plus haut, nous sommes des randonneurs du dimanche et donc on en vient à la deuxième raison : l’organisme peut fournir ou louer une grande partie du matériel que nous n’avons absolument pas. Nous ne voulions pas investir ni transporter des sacs de couchage, des bâtons de randonnées etc pendant toute la durée de notre voyage au Pérou.

En plus de tout ça, les billets de train retour, l’entrée au Machu Picchu, les logements, les repas, tout était compris dans le prix. Pas besoin de se soucier du reste. En moyenne, le prix Salkantay Trek est compris entre 250 et 450 $, le prix peut varier en fonction des services, de la longueur du trek et du confort proposé par l’organisme.

 

Le sac pour la journée

C’est le sac que vous porterez tous le long de la randonnée, pendant plusieurs heures, il est donc déconseillé de trop le remplir ou de prendre des choses trop lourdes. Gardez assez de place pour mettre les vêtements que vous enlèverez au fur et à mesure de la journée et du temps.

  • Un spray anti-moustique
  • Des bâtons de marche
  • Barres de céréales, fruits secs, bonbons. Tablette de chocolat noir pour l’altitude.
  • Des gourdes d’eau (environ 2 litres). Même si je suis plus gourde en verre, croyez moi il vaut mieux prendre léger et partir sur une gourde plastique.
  • Un Tshirt de rechange. Oui, vous allez suer comme un poney.
  • De la crème solaire haute protection et lunettes de soleil
  • Une lampe frontale : certains camps n’ont pas d’électricité.
  • La trousse à pharmacie (voir le détail plus bas)
  • Casquette et bonnet

 

La trousse à pharmacie

Élément indispensable surtout lorsque l’on part loin de toute civilisation pendant plusieurs jours, à garder à portée de main dans le sac de la journée. Si vous partez avec un guide il aura également sa trousse à pharmacie à votre disposition, et peut-être même des remèdes Incas secrets…

  • Des pansements pour ampoules et des aiguilles
  • Du désinfectant ou de l’alcool
  • Des pilules Alti Vital contre le mal des montagnes, un médicament naturel qui peut être utilisé en préventif.
  • Quelques feuilles de coca
  • Ibuprofen / Paracetamol pour les maux de crâne liés au mal des montagnes
  • Baume à lèvres
 Pour le reste du Trail il vous faudra bien évidemment des affaires chaudes pour affronter les faibles températures au glacier mais aussi des vêtements léger pour traverser la jungle et supporter le soleil. Le site de Salkantay Trekking propose une liste assez détaillée des affaires dont vous aurez besoin pendant les 4 jours : Packing List

programme


 

L’itinéraire varie selon le tour-opérateur et la durée de votre trek. Pour notre part nous avons choisi un parcours de 4 jours et 3 nuits (72 kms) mais le Salkantay ressemble généralement à ceci :

Jour 1 :Soraypampa campsite

Le minibus passe nous prendre avec les autres participants à notre hôtel à 4h10. Un réveil aux aurores, le premier  d’une longue série… Direction le petit village de Mollepata à deux heures de route de Cusco, où nous nous arrêtons prendre un petit-déjeuner bien costaud avant de reprendre la route pendant une heure vers le début du trail.

Ce début de randonnée est relativement facile, un échauffement avant le deuxième jour, qui est réputé comme étant la bête noire du Salkantay Trail. Le seul problème étant de gérer sa respiration lors des montées. On commence déjà à bien sentir les effets de l’altitude, c’était d’ailleurs déjà un peu le cas à Cusco.

Après 4 heures de marche nous arrivons à notre camp : Soraypampa. Situé à une altitude de 3850m, nous passerons la nuit ici, au pied du Mont Salkantay, dans les « Sky Dome » en verre. Mais avant de se reposer le groupe se met d’accord pour encore marcher et grimper jusqu’à Humantay Lake avant l’après-midi. Nous avons eu qu’un jour et demi pour nous acclimater à l’altitude lors de notre arrivée à Cusco, et dans mon cas ce n’était pas assez. La migraine arrive vite et je souffle comme un boeuf. Oui parce qu’en plus de survivre aux effets de l’altitude je dois aussi luter contre mon asthme.  Cette galère monstrueuse est bien vite oubliée, après 1h30 de marche, lorsque le lac apparait enfin sous nos yeux.

Nous finissons la journée tous ensemble autour d’une table, notre cuisinier Juan et son sous-chef nous suivent tout le long de notre aventure pour nous concocter de bons petits plats. Nous finissons d’ailleurs la soirée avec des bananes flambées au Pisco (l’alcool péruvien). Mais molo, demain la gueule de bois est à proscrire…

Jour 2 : le sommet du Salkantay

Réveil à 4h15 avec une gobelet de thé de Coca, nous allons avoir besoin de forces pour affronter cette journée. Le thé est fait à partir de feuilles de coca et fournit de l’énergie tout en aidant à lutter contre des maux de tête liés à l’altitude.  Le rituel du matin.

Aujourd’hui nous atteindrons le point culminant du trail, le Salkantay Pass à 4630 mètres. L’ascension est d’autant plus difficile que l’altitude nous prive d’oxygène. Après l’ascension compliquée pour atteindre le lac la veille on a décidé que je ferai les 7 premiers kilomètres à cheval pour économiser mon souffle et mon énergie. En faisant face au Seven Snakes, aussi appelé le Gringo Killer, le cheval me semble une excellente décision.

Arrivés au Salkantay Pass, le chef nous suit avec un thermos de thé de coca, nous profiterons également de cette pause pour faire un rituel Inca, une offrande à la Pachamama (notre Terre-Mère en Quechua). L’esprit de la Terre Mère est extrêmement important pour les Péruviens, en particulier pour les communautés andines traditionnelles qui résident loin des villes et qui sont encore plus soumises aux caprices de la Pachamama et de ses éléments.

Après avoir repris des forces il va falloir redescendre. et finalement, la descente que nous espérions tous s’est avérée tout aussi difficile. Nous descendons 1500 mètres d’altitude en quelques heures, le tout sur un terrain rocailleux des pierres branlantes. Concentration maximum pour ne pas se tordre une cheville, mais les genoux prennent cher. Ce soir nous dormirons dans des huttes andéennes, épuisés et sans lumière nous irons nous coucher à 20 heures.

 

Jour 3 : la jungle AMAZONIENNE

Réveil à 4:30 par le guide, toujours avec le thé de coca (on ne change pas une équipe qui gagne). C’est clairement LA grasse mat’ du trail. Mais le jour 3, c’est aussi la journée où on connaitra le bonheur de marcher 33 km sur des ampoules mutantes. C’est à ce moment là de notre parcours que nous avons surnommé notre périple le «sankat-aïe ». Pas le choix il va falloir supporter la douleur (en fait vous avez l’option de prendre un bus pour faire les 22 premiers kilomètres, mais il faut croire qu’on aime souffrir).

La journée de marche se fera dans la jungle, difficile de croire que la veille nous étions à 4600 mètres entourés de montagnes enneigées. Là il est temps de sortir l’anti moustique et la crème solaire, le guide espère même un peu de pluie (pas nous !). Après un déjeuner et un peu de repos au camp de la Playa (qui n’est en fait pas une plage) il est temps de reprendre la route. Nous recommençons le trail à la station hydroélectrique avant de suivre la voie ferrée pour arriver jusqu’en ville pour la dernière nuit. Cependant, cela s’est avéré être un nouveau défi, encore une fois, à sa manière. L’accumulation de la fatigue des jours précédents, et une marche longue et beaucoup moins impressionnante qu’au début du trail . Vous suivez la voix ferrée encore et encore en restant concentré pour ne pas vous blesser sur les petits rochers.

Au moment où nous avons atteint Aguas Calientes, nous étions des randonneurs endurcis et sales, donnant des regards sales aux touristes propres et aux yeux grands ouverts qui descendaient du train de luxe. Après ces 10 heures de marche et ces 33 kilomètres engloutis nous arrivons dans un hostel, notre premier vrai lit depuis trois jours et surtout, surtout, la douche chaude.

 

Jour 4 : le Machu Picchu

C’est le saint graal, la raison de toutes ces heures de marche. Ce dernier jour est entièrement consacré à l’exploration du Machu Picchu. Réveil à 3h du matin si vous voulez voir le lever du soleil, que vous souhaitiez monter à pied ou prendre le bus (nous avons choisi l’option bus). Le groupe se rejoint à 6h pour passer l’entrée ensemble. Il faudra alors user des forces qu’il nous reste pour la dernière épreuve, une visite de deux heures dans les ruines pour découvrir l’histoire des Incas. C’est fou le nombre de marches qu’il y a dans cette ville sacrée…

Le ticket d’entrée du Machu Picchu vous permet de rentrer deux fois dans le temple. Il est interdit de manger à l’intérieur donc vous pouvez toujours sortir et y retourner ensuite. C’est ce que nous avons fait, pour profiter encore un peu du paysage.

Pour le retour à Cusco nous prenons le train à la gare de Algua Calientes en direction de Ollantaytambo où une camionnette nous attendra pour nous ramener à Cuzco (environ 2 heures de route).

Donc, la question que tout le monde se pose est: « Quels sont les avantages de faire un trek pour voir Machu Picchu plutôt que de prendre le train? ». Il y a beaucoup de réponses possibles à cette question mais pour ma part seulement deux réponses : les paysages que vous verrez sur le chemin et, peut-être plus spirituel, la sensation de mériter de voir le Machu Picchu. Sur le chemin votre guide vous enseignera la culture Inca, son histoire, et vous suivrez le même chemin qu’eux.

Alors, si vous cherchez une expérience que vous n’oublierez jamais, et des paysages comme aucun autre, le Salkantay Trek ne vous décevra pas.


CONSEILS :


 

– Passez quelques jours à Cusco avant le trail pour vous acclimater à l’altitude. Nous avons passé deux jours à boire des thé de coca et à nous reposer. Vous ne passerez pas à côté d’une grosse migraine.

– Gardez toujours votre passeport sur vous, vous en aurez besoin pour prendre le bus ou pour entrer au Mach Picchu. Vous pouvez aussi vous présenter à l’entrée du Machu Picchu (à l’extérieur) pour recevoir le tampon sur votre passeport.

– Si vous devez faire une randonnée dans le Machu Picchu, Huayna Picchu est celle qui offre la plus belle vue.



Expat' avertie, instagrameuse à plein temps, San franciscaine de coeur mais pur produit ardéchois …… Pardon my French!

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Comments (4)

  1. oh la la c mon rêve mais clairement ça se mérite
    je ne suis pas sure d être capable
    je ne fais pas de sport habituellement
    c impressionnant
    bravo Zoé
    merci pr ce partage et c t cool de te suivre pdt ton voyage via tes stories et instagram

    1. Merci Tania 🙂
      Je te rassure, tout le long de la randonnée je disais « non je vais pas y arriver là » et finalement je suis arrivée jusqu’au bout ! En même temps pas trop le choix, je n’avais pas d’autres moyens de rentrer 😉
      Cela dit un peu d’entrainement et de condition physique avant de partir ne font pas de mal.
      J’ai laissé toutes les stories Instagram à la une sur mon profil pour faire profiter ceux qui auraient loupé le voyage !

  2. C’est splendide, merci de nous faire partager cette expérience hors du commun. Cela a dû être douloureux mais cela le vaut clairement, tu arrives au Muchu Picchu en empruntant la route des Incas, c’est un si beau symbole. Les paysages sont grandioses. Le Pérou me fait rêver despuis des années, j’espère y aller un jour.
    Bises

    1. Comme tu dis douloureux… mes pieds sont encore en pleine cicatrisation (je vous ai épargné les photos de leur état après 33km sur les rochers) !
      Mais c’est vrai qu’en arrivant en haut du Machu Picchu on a une approche différente, et beaucoup de fierté, mais aussi le sentiment d’appartenir à un cercle très fermé (On se la raconte un peu : « Ouais mais moi j’ai pas pris le train pour venir ! »).
      Le fait d’être 4 jours avec un guide on apprends également beaucoup de choses sur l’histoire et la culture inca.